A COUP DE COUTEAU
Par Daniel DESREUMAUX

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combatcouteauAutrefois rien n'était plus commun dans la Flandre que les batailles à coups de couteaux.
Cette coutume était tellement dans les moeurs du pays qu'un particulier ne sortait jamais de chez lui sans un couteau pointu. non pliant et à gaine, qu'il portait dans une poche le long de la cuisse. Deux hommes, même amis, entraient-ils dans un cabaret pour boire ensemble, leur premier soin était de tirer leur couteau et de le ficher perpendiculairement dans la table, chacun devant soi : et très souvent on ne se séparait pas sans s'être ensanglanté avec ces armes dangereuses....

La facilité de trouver des asiles dans les églises, indulgence des souverains du pays dont les édits et placards ne punissaient ce délit que par de faibles amendes, la légèreté avec laquelle on expédiait de grâce à ceux qui avaient commis des meurtres à coups de couteau étalent de nature à perpétuer cet usage.~
(Histoire d'Halluin de l'Abbé Coulon p.24)

* En voici quelques exemples:

Pierre Gruart :19 Avril 1538 Chartes etc.
Seavoir faisons à tous présens et advenir nous avoir recheu l'humble supplication de Pierre Gruart, monnier, chargé de femme et petits enffans, contenant comme au mois de septembre de l'an 1536, ainsy que ledit suppliant estoit prendant sa réfection au cabaret de l'après disné où pend pour enseigne l'eschequier, confrontant sur le marché de Tourcoing, termes de notre chatellenye de Lille, survînt faire son escot feu lors vivant Jacques de le Cambre, et commencha soy esbattre assez deshonnestement avec Mariette Marlier, meschinne audit logis, à raison de quoy y eult entre luy et lediet suppliant aucunes parolles que fut déclaré par ledit suppliant, que il pourtoit ung beau bracquemart, et après aulcunes aultres parolles sur ce entrevenues . ledict feu tira ung court bracquemert dont il estoit garny et en frappa ung coup du plat vers ou sur les espaulles dudict suppliant. A raison de quoy te dict suppliant soy mal contenant luy dict par forme de advertense, que s'il tapoit encoirres ung cop, que il lui donneroit ung cop de couteau, neantmoins lediet feu ne fist aucun semblant de rebouter son bracquemert au fourreau, et craindant lediet suppliant estre de rechief frappé et finalement tué ou aultrement outraigié, esmeu de chaude collère, aunoit icelluy suppliant saisy ung couteau dont on usoit à table, et en frappa audiet feu Jacques vers la mamelle senestre, dont icelluy feu Jacques environ ung heure après tennyna vie par mort sans confession... Et combien que ledit suppliant se soit autrement toute sa vie honestement conduyt sans avoir esté reprins de justice et que le grand mollin dudit lieu de Torcoing qu'il tient à ferme de notre amé et féal chevalier de notre ordre, conseiller chambellan et chief de nos finances, messire Philippe de Lannoy, seigneur de Molembaix etc. et dont il a a rendre de gros deniers chascun an, par faute d'ordre et conduite pour l'absence dudiet suppliant, seroit finalement delaissié et la famille dudict suppliant entièrement perdue et à ruisne, considéré aussi qu'il a fait paix et satisfait à partie, mesme a fait ung voiage à Saint Pierre à Rome au nom et à l'acquit dudiet deffunct qui s'y estoit obligé par veu en son vivant, et n'oseroit seurement retourner ne conserver en nos pays et seigneuries sans en avoir nos lettres patentes de rémission et pardon pour lesquelles il nous a très humblement supplié et requis. Pour ce est-il... Bruxelles, le vendredy saint 1537. 

Lettres de Rémissions concédées aux habitants de Tourcoing publiées par l'Abbé Flipo -1906

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Frédéric Delmotte, demeurant sur le Trieu seigneurial à Linselles valet de la confrérie de l'Arc en main érigée au cabaret du Caillou tenu par Pierre Lehoucq à Linselles-Franchîse, est blessé, le 13/6/1740 par son cousin, Etienne Desbonnets II décède le 25/6/1740. Etienne Desbonnets se constitue prisonnier le 1/7/1740 et est écroué à Linselles.
(cf lettre de rémission FF 12 Linselles)

En 1509, Daniel de Croix, fils de Gérard, Seigneur de Wambrechies, tue un joueur de Luth nommé Charles Desreumaux, qui, étant ivre, l'avait insulté parce que ledit Daniel voulait l'empêcher d'entrer dans une maison de Comines, où il banquetait en compagnie de Georges Ghyselin, Seigneur de Bousbecque, de Jacques Delesauch et de Jean Havine, Bailli de Comines.
(Notre vieille Flandre de l'Abbé Ch. Vandepitte) 


Date de création : 15/03/2014 16:42
Dernière modification : 15/03/2014 16:42
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