LES MOULINS A HUILE ET LES OLIEUX

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LE MOULIN A HUILE

Ce type de moulin à vent appelé tordoir, est construit avec intelligence et solidité, et renferme, dans quelques pieds carrés, tout ce qui est nécessaire à la fabrication de l'huile.

LE TRAVAIL DE L'OLIEUX

Olieux : nom donné au fabricants d'huile, également appelés «tordeurs d'huile».

MoulinsL'arbre du moulin que les ailes font tourner, engrène directement avec six pilons, dont quatre écrasent la graine ; le cinquième frappe sur les coins, et presse l'huile ; le sixième desserre les coins, au moyen d'un coin renversé, d'une forme très ingénieuse.

La graine est placée dans quatre trous, creusés en demi-sphère dans une forte pièce de bois, consolidée par de forts liens en fer. Les pilons, terminés de même en demi-sphère, mais d'un diamètre plus petit que celui des trous correspondants, écrasent la graine, et lui impriment un mouvement de bas en haut, de sorte que les différentes parties de cette graine reviennent tour à tous sous le pilon.

Lorsque la graine est très écrasée, l'ouvrier en remplit de petits sacs, qu'il enveloppe d'une étoffe de crin d'un demi-pouce d'épaisseur. Il place les sacs à l'extrémité du pressoir, les sépare par des pièces de bois, et introduit entre elles la pointe d'un coin que le pilon fait entrer avec force. L'huile qui sort est recueillie, de chaque côté, sous le pressoir.

Après un nombre fixe de coups de pilon, qu'un instrument fort simple indique, l'ouvrier fait frapper le sixième pilon sur le coin renversé ; les coins se desserrent, les sacs sont retirés, et aussitôt remplacés par de nouveaux.

L'ouvrier ôte des sacs la matière pressée une première fois, la place sous les pilons, l'arrose de temps en temps avec de l'eau, l'expose ensuite sur une plaque de fer chauffée par un feu clair, et remplit de cette matière des sacs qu'il soumet à une nouvelle pression; il en sort encore de l'huile et le résidu est un gâteau solide (le tourteau), qui est livré, en cet état, dans le commerce.
 

LE RENDEMENT

Il faut quatre hectolitres et demi de graines pour faire une tonne (tonneau) d'huile, qui contient un hectolitre. La tonne ou l'hectolitre d'huile pèse de 105 à 107 kilogrammes; on retire des quatre hectolitres et demi 180 tourteaux destinés à l'alimentation du bétail ou utilisé comme engrais dans les champs.

Au début du 19ème siècle, l'arrondissement de Lille possède 267 tordoirs ou moulins à huile. Le prix de cette construction était de 5 à 6000 francs. Ces moulins produisaient de 300 à 600 hectolitres d'huile par an. Dans chaque tordoir se trouvaient 2 hommes et un apprenti. On les appelait des «Olieux» ; leur salaire est évalué au prix moyen de 50 centimes par hectolitre de graine convertie en huile. Dans notre région, on tire l'huile principalement du Colza, car celle-ci était utilisée pour l'éclairage. Les huiles étaient livrées au commerce par tonnes (tonneaux) d'où le développement en parallèle du métier de tonnelier.

La profession d'olieux était rude à cause du bruit assourdissant des pilons et la forte chaleur dégagée par le chauffoir. Le saint patron était Saint Clément.


Date de création : 15/03/2014 16:39
Dernière modification : 15/03/2014 16:39
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